L’année du Rat de Fer

Bonne et heureuse année du Rat de Fer!

Depuis le 25 janvier, nous avons quitté l’année du Cochon de Terre pour entrer dans celle du Rat de Fer, inaugurant ainsi un nouveau cycle zodiacal chinois.
La légende voudrait que l’Empereur de Jade organisa une course entre les animaux dont les douze premiers vainqueurs pourront donner leur nom à une année. Le Rat et le Chat arrivèrent les premiers à la rivière mais ni l’un ni l’autre n’osèrent la traverser. Quand vint le Buffle, le Rat lui demanda de les transporter. De nature serviable, le Buffle accepta des les aider. Aussitôt, le Rat et le Chat sautèrent sur son dos. Au milieu du fleuve, le Rat poussa le Chat dans l’eau (d’où la haine farouche entre ces deux animaux et la crainte du chat de l’eau). Avant d’atteindre la rive, le Rat bondit de la tête du Buffle pour atteindre le premier la ligne d’arrivée, bernant ainsi son bienfaiteur.

Ainsi, à travers cette légende, se dessinent les caractères dominants de ce rongeur. Doué d’une grande intuition et d’un instinct développé, s’il est un fin stratège et un bon tacticien, il est aussi un être égoïste. Pour atteindre ses objectifs, parvenir à ses fins, il ne recule devant aucun compromis temporaires ni bassesses.

S’il est prévoyant, c’est souvent au détriment des autres. Du fait qu’il aime s’approprier des biens d’autrui, il est associé à la cupidité et à la friponnerie. Dans le théâtre sino-vietnamien, les mandarins cupides et mesquins sont souvent comparés à des rats.

Son ingéniosité et son habileté à trouver et entasser d’importante réserves de nourriture, sans oublier sa forte capacité de se reproduire, font de lui un symbole de la prospérité et de la fertilité. Au Japon, il est le compagnon et le messager du dieu de la Richesse, Daikokuten (ou Daikoku). Au Vietnam, le 10e jour de la 1ère lune est la nuit du « mariage des rats » et on disposait sur le sol de minuscules offrandes aux rongeurs. Cette fête est présente sur les estampes populaires de Đông Hồ, « Rat qui marrie sa fille ». Un gros rat vivant dans une boutique est un présage de prospérité, d’où son surnom « rat précieux » (jin shu). Le rat des champs est lui vénéré comme le Jeune Dieu Gardien des Greniers.

Le rat est considéré comme un animal divin car il parvient à survivre à tout type de catastrophes naturelles. Il est également doté d’un pouvoir de divination comme illustre ce conte entre un rat sauvant un lettré : une nuit, un rat surgit dans la maison d’un lettré en train de travailler et se livra à des pitreries. Énervé, l’homme quitta sa table pour le chasser. Juste à ce moment, une poutre tomba à l’endroit où le lettré était assis. Le rat s’inclina et partit.

Son esprit curieux et sa vivacité d’esprit sont incarnés par Mûshika, le petit rat qui sert de véhicule à Ganesh. Il complète la sagesse et l’intelligence du dieu éléphant par sa malice et son agilité. Ainsi la force mentale n’est rien sans sa moitié : la subtilité qui permet d’accéder aux pensées sous-jacentes, aux enjeux cachés des problèmes qu’on cherche à démêler.

Le rat est donc un animal ambivalent comme le sera l’année placé sous son signe ! Sans oublier de le Fer personnifie la force, la fermeté, la détermination…

Jarre

Vietnam, Chu Ðậu, ca. 1450–1500,
Grès porcelaineux à décor peint en cobalt sous couverte Asian Art Museum, Los Angelès.

Terrine Chine, dynastie des Qing, ca. 1755, Porcelaine à décor peint en émaux sur couverte, Collection privée.

Musée Cernuschi, 7 avenue Velasquez -75008 Pariswww.sfeco-asso.com

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Nature-morte aux desserts
Georg Flegel (1566-1638) , 1600-1650, Huile sur toile, 22x 28 cm
Alte Pinakothek, Munich.



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Vietnam, Chu Ðậu, ca. 1450–1500,
Grès porcelaineux à décor peint en cobalt sous couverte Asian Art Museum, Los Angelès.

page1image35240Terrine
Chine, dynastie des Qing, ca. 1755, Porcelaine à décor peint en émaux sur couverte, Collection privée.

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